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Actualités

Orne Hebdo du 21 Décembre 2OO4

"Non au monopole de Sita dans l' Orne et dans les ordures"

- À l'appel d'élus et de l'association "Respectez Notre Nature", quelque 165 personnes ont manifesté, samedi 18 décembre, à Alençon, contre le projet de création d'un CET (Centre d'Enfouissement technique) aux Ventes-de-Bourse, entre Essay et Le Mêle. Questions à Raymond Herbreteau, président de l'association.

 

- Quel est le moral des troupes?
"Assez bon. Nous sommes toujours sur la brèche. On ne baisse pas les bras".

- Qui compose vos troupes?
"Ceux qui adhèrent, notam-ment des néo-ruraux, mais aussi des gens de l'extérieur Nous sommes un petit 200 dans l'association".

- Des élus mais aussi de simples habitants du pays mêlois et d'Essay ne sont pas dans l'association...
"Effectivement, s'ils ne bougent pas, on peut penser qu'ils ne sont pas contre

- Il ne semble pas y avoir une
grande écoute de la part des élus hors canton...

"J 'ai du mal à concevoir qu'ils s' en foutent. Ou alors ils n'ont rien à faire en politique".

La voiture du principal commissaire enquêteur a été incendiée votre sentiment?

"L'association condamne fermement cet acte délictueux. Depuis sa création en mai 1998, l'association rassemble autour d'actions, ciblées, déterminées et pacifistes.
La lenteur et l'ambiguïté de notre démocratie, doublées d'une confusion des genres entre commissaire enquêteur et commissaire priseur pour-raient être un facteur déclenchant d'un acte de vandalisme isolé,à moins qu'il ne s ' agisse d'une provocation ayant pour but de jeter l'anathème sur l'association afin d'affaiblir le front des opposants.
Q
uoi qu'il en soit, nous lançons un appel au calme afin de continuer notre combat dans le cadre de la loi républicaine, comme nous l'avons toujours fait".

- Que pensez-vous de l'enquête publique et des enquêteurs?
"Je suis très déçu. L'enquête a été relativement tronquée. Et il est maladroit d'avoir désigné les mêmes enquêteurs qui avaient donné un avis favorable au premier projet. De même, un enquêteur a eu un comportement limite : en dis-tribuant des documents promotionnels de Sita, a-t-il informé ou manipulé ?".

- Que pensez-vous du Conseil général ?
"Il n'a pas le choix: à partir de janvier il devra assumer la compétence "ordures ménagères". Il va devoir élaborer un Plan d'Élimination. Il envisage de proposer plusieurs sites mais sur quels critères objectifs de sélection ? il ne faut pas piper les dés".

- Comment s'est déroulée votre entrevue avec le préfet?
"Il n'a pas dévoilé ses intentions".

DU CÔTÉ DU CONSEIL GENERAL

La volonté d'aller vite

- À compter de janvier, le Conseil général va assumer la compétence "ordures ménagères". Il va devoir élaborer un PEDMA (Plan d'Elimination des Déchets Ménagers et Assi-milés). Dans cette optique, il va d'ailleurs recruter un ingénieur "plus spécialement chargé du dossier".
Le Conseil général envisage de proposer huit espaces (Monnai, Dompierre, Les Ventes-de-Bourse...) avant de choisir. Selon quels critères ? D'abord celui de la géologie, mais aussi celui de l'environnement. Et le site retenu ne devra pas voisiner une nappe phréatique.
Autre question quelle sera la solution d'élimination préconisée ? Centre d'Enfouissement Technique ? Incinération ? Pyrolyse (qui permet de réduire de moitié le volume)? Rien n'est décidé.
Quoi qu'il en soit, il faudra environ une année pour qu'un PEDMA soit opérationnel. Et une année et demie pour qu'une solution se concrétise.
Du côté de l'hôtel du Département, on affirme avoir "la volonté de se saisir du dossier et d'aller vite". A noter que le groupe de travail, constitué en vue de proposer le PEDMA, vient de visiter le site de l'opérateur Séchet, en Mayenne, et l'usine d'incinération moderne de Pontmain.


- Qu'attendez-vous de lui?
"Qu' il rejette le projet ou qu 'au moins il le suspende en attendant le Plan d'Élimina-tion que va arrêter le Conseil général.

- Qu'attendez-vous des élus ornais?
"Qu 'ils prennent leurs responsabilités et défendent l'intérêt Public et celui du contribuable. Sita (le candidat), déjà gestionnaire d 'Arçonnay, Colonard-Corubert et Fel,fait le forcing. Et je dis non au monopole de Sita dans I 'Orne et dans les ordures. Sita va vouloir rentabiliser ce site et va donc casser les prix sur la collecte mais les augmenter sur le traitement. Le monopole est inacceptable.
En outre, aux Ventes-de-Bourse, il n 'est prévu ni plateforme de tri ni compostage. Ce serait juste un trou. Une raison supplémentaire de repousser le projet".


JMF

Souvent habillé de vert pour défendre une clairière
entre deux massifs
de la forêt de Bourse

 

 

Au total, ils étaient environ 165 personnes dans les rues

- Dans le cortège, figuraient des habitants, des personnes plus ou moins riveraines du site envisagé, des élus (notam-ment le conseiller général Christophe de Balorre et le maire d'Essay Georges d'Har-court)... Autant de personnes déterminées à faire capoter un projet qui ressemble beaucoup à celui déposé il y a quelque temps. Dans les deux cas, l'opérateur est le même Sita, filiale "déchets" du groupe
Suez.
Après le rassemblement de-vant les grilles de la préfec-ture, où des sacs poubelle verts ont été distribués, ainsi que des panonceaux "Non à l'usine " poubelle", le cortège, arborant des banderoles où l'on pouvait notamment lire "Non au choix d'un site par défaut", a effectué un petit tour en ville avant de retrouver les abords de la préfecture. En-tre temps, une altercation verbale, avait eu lieu entre des manifestants et Régine Lefavrais, habitante d'Arçonnay, qui souhaite, elle, la fermeture du CET d'Arçonnay, fermeture impatiemment attendue au sud d'Alençon.

Une délégation a ensuite été reçue par le préfet qui devra donner ou non le feu vert à ce projet pour lequel l'enquête publique est close depuis le vendredi 17 décembre.